Micro-entrepreneur / Auto-entrepreneur : Comment déclarer ses revenus ?

Le statut de micro-entrepreneur séduit chaque année de nombreux indépendants grâce à sa simplicité administrative et comptable. Pourtant, au moment de la déclaration de revenus, beaucoup se posent les mêmes questions : quelles cases remplir ? Faut-il déclarer le chiffre d’affaires encaissé ou le bénéfice ? Comment fonctionne le versement libératoire ? Quels revenus doivent être indiqués aux impôts ?

Voici un guide clair et pratique pour comprendre comment déclarer correctement les revenus d’une micro-entreprise en 2026.

 

Micro-entrepreneur : quel revenu faut-il déclarer ?

Contrairement à une société classique, le micro-entrepreneur ne déclare pas un bénéfice mais son chiffre d’affaires brut encaissé.

L’administration fiscale applique ensuite automatiquement un abattement forfaitaire destiné à représenter les charges professionnelles.

Le montant de cet abattement dépend de l’activité exercée :

 

Activité Abattement fiscal
Vente de marchandises (BIC) 71 %
Prestations de services commerciales ou artisanales (BIC) 50 %
Activités libérales (BNC) 34 %

 

L’impôt est ensuite calculé sur le revenu restant après abattement.

 

Où déclarer les revenus de la micro-entreprise ?

Les revenus du micro-entrepreneur se déclarent dans la déclaration complémentaire n°2042-C-PRO.

Les cases diffèrent selon l’activité exercée :

✓ Activités commerciales – Vente de marchandises (micro-BIC)

Cases généralement utilisées :

  • 5KO à 5MO : revenus imposables classiques
  • 5TA à 5VA : si option pour le versement libératoire

✓ Prestations de services commerciales ou artisanales (micro-BIC)

Cases :

  • 5KP à 5MP
  • ou 5TB à 5VB en cas de versement libératoire

✓ Activités libérales (micro-BNC)

Cases :

  • 5HQ à 5JQ
  • ou 5TE à 5VE en cas de versement libératoire

Attention : il faut déclarer le chiffre d’affaires encaissé sur l’année civile, même si une partie n’a pas encore été réellement “consommée” ou utilisée.

 

Le versement libératoire : comment ça fonctionne ?

Le micro-entrepreneur peut, sous conditions de revenus, opter pour le versement libératoire de l’impôt sur le revenu.

Dans ce cas :

  • l’impôt est payé directement à l’URSSAF chaque mois ou trimestre ;
  • il est calculé en pourcentage du chiffre d’affaires ;
  • les revenus doivent quand même être indiqués dans la déclaration annuelle.

Les taux du versement libératoire sont actuellement de :

Activité Taux du versement libératoire
Vente de marchandises (BIC) 1  %
Prestations de services commerciales ou artisanales (BIC) 1.7  %
Activités libérales (BNC) 2.2  %

 

Même avec cette option, la déclaration annuelle reste obligatoire afin de déterminer le revenu fiscal de référence du foyer.

 

Faut-il déclarer les cotisations sociales ?

Non.

Les cotisations URSSAF déjà payées ne se déduisent pas dans la déclaration de revenus du micro-entrepreneur.

L’administration applique uniquement l’abattement forfaitaire prévu par le régime micro.

C’est l’un des principaux avantages du régime : aucune comptabilité complexe ni calcul détaillé de charges.

 

Que se passe-t-il en cas de dépassement des plafonds ?

Le régime micro-entrepreneur reste accessible tant que certains plafonds de chiffre d’affaires sont respectés.

Pour 2026, les seuils de référence restent les suivants :

Activité Plafond annuel
Vente de marchandises  188 700 €
Prestations de services et professions libérales  77 700 €

 

En cas de dépassement durable, le micro-entrepreneur peut basculer vers un régime réel d’imposition avec obligations comptables plus importantes.

 

Micro-entrepreneur : attention aux erreurs fréquentes

Déclarer le chiffre d’affaires facturé au lieu du chiffre encaissé
Le régime micro fonctionne sur les encaissements réellement perçus.

Oublier la déclaration annuelle avec le versement libératoire
Même avec l’impôt payé à l’URSSAF, la déclaration reste obligatoire.

Se tromper de case
Une erreur de case peut entraîner une mauvaise imposition ou des demandes de régularisation.

Confondre revenu personnel et chiffre d’affaires
Le chiffre d’affaires n’est pas le revenu réellement “gagné” après charges personnelles.

 

Faut-il rester en micro-entreprise ?

Le régime micro est souvent très avantageux au démarrage grâce à sa simplicité.

Mais lorsque :

  • le chiffre d’affaires augmente fortement ;
  • les charges deviennent importantes ;
  • une optimisation fiscale ou patrimoniale devient nécessaire ;

il peut être pertinent d’étudier un passage en société (SASU, EURL…) ou un autre régime fiscal.

Chaque situation mérite une analyse globale selon :

  • les revenus du foyer ;
  • la fiscalité ;
  • les projets immobiliers ;
  • les objectifs de retraite ;
  • la protection sociale ;
  • la stratégie patrimoniale.

 

 

FAQ – Déclaration de revenus du micro-entrepreneur

Un micro-entrepreneur doit-il faire une déclaration même sans chiffre d’affaires ?

Oui. Même sans activité ou sans encaissement, la déclaration reste obligatoire.

Peut-on déduire ses frais réels en micro-entreprise ?

Non. Le régime micro applique uniquement un abattement forfaitaire.

Les aides de la CAF ou de Pôle emploi doivent-elles être déclarées ?

Certaines aides peuvent être imposables ou avoir un impact sur le revenu fiscal de référence. Cela dépend de leur nature.

Le prélèvement à la source s’applique-t-il aux micro-entrepreneurs ?

Oui. Soit via des acomptes contemporains réalisés par la DGFiP sur le compte bancaire, soit via le versement libératoire si l’option a été choisie.

À partir de quel niveau de revenus faut-il envisager une société ?

Il n’existe pas de seuil universel. Cela dépend notamment des charges, de la fiscalité, des objectifs de rémunération et de patrimoine.

 

 

La déclaration de revenus du micro-entrepreneur reste relativement simple… à condition de bien comprendre les règles applicables et les cases à utiliser.

Une erreur peut rapidement entraîner une régularisation fiscale ou sociale. À l’inverse, une bonne compréhension du régime permet souvent d’optimiser sa situation et d’anticiper l’évolution de son activité.

Un accompagnement peut également être utile pour déterminer si le statut de micro-entrepreneur reste le plus adapté à long terme selon vos objectifs professionnels et patrimoniaux.

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